Un délai de prévenance réduit
Jusqu’à présent, le salarié devait informer son employeur au moins quinze jours avant le début du congé.
La réforme réduit ce délai à dix jours.
Cette modification peut sembler limitée, mais elle répond à une problématique très concrète : permettre aux parents de réagir plus rapidement à l’évolution de l’état de santé de leur enfant et d’enchaîner plus facilement le congé d’annonce avec le congé de présence parentale.
Les employeurs devront donc être en mesure de gérer des demandes formulées dans des délais plus courts qu’auparavant.
Une protection contre le licenciement prolongée
La loi renforce également la protection du salarié sur le plan de l’emploi.
Jusqu’alors, l’employeur ne pouvait rompre le contrat de travail pendant le congé de présence parentale – ou pendant les périodes travaillées lorsque le congé était fractionné ou pris à temps partiel – qu’en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’état de santé de l’enfant.
Désormais, cette protection est prolongée pendant les dix semaines qui suivent l’expiration du congé.
Cette mesure rapproche le régime applicable aux bénéficiaires du congé de présence parentale de certaines protections déjà prévues dans d’autres situations familiales sensibles, notamment à l’issue des congés liés à la maternité ou à l’adoption.
En pratique, les employeurs devront être particulièrement vigilants avant d’engager une procédure de licenciement à l’encontre d’un salarié revenant d’un congé de présence parentale.
Un véritable droit à l’aménagement des horaires de travail
La réforme introduit également une avancée importante en matière d’organisation du travail.
Jusqu’à présent, le bénéfice d’horaires individualisés était principalement reconnu aux travailleurs handicapés ainsi qu’aux aidants accompagnant une personne handicapée.
Désormais, les parents ou représentants légaux d’un enfant dont l’état de santé rend indispensables une présence soutenue et des soins contraignants peuvent également solliciter un aménagement de leurs horaires.
L’objectif est de permettre une meilleure articulation entre les contraintes professionnelles et les impératifs liés aux soins de l’enfant : rendez-vous médicaux réguliers, traitements, hospitalisations ou accompagnement spécialisé.
Cette mesure traduit une évolution notable de la législation sociale. Là où les entreprises étaient souvent amenées à rechercher des solutions au cas par cas, le Code du travail reconnaît désormais expressément le droit des parents concernés à demander une adaptation de leur organisation du travail.
Une indemnisation mieux adaptée grâce à l’évolution de l’AJPP
Le congé de présence parentale entraîne une suspension ou une réduction de l’activité professionnelle du salarié. Pour compenser partiellement cette perte de revenus, les parents peuvent bénéficier de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).
La loi du 12 juin 2026 apporte plusieurs assouplissements à ce dispositif.
Un réexamen médical moins fréquent
L’ouverture du droit à l’allocation repose sur un certificat médical précisant la durée prévisible du traitement de l’enfant.
Lorsque cette durée devait faire l’objet d’un réexamen, celui-ci ne pouvait auparavant intervenir au-delà d’un délai d’un an.
La réforme porte cette limite à quatorze mois.
L’objectif est de réduire certaines démarches administratives pour les familles confrontées à des traitements lourds et de longue durée.
Une meilleure prise en compte de la résidence alternée
Le texte prévoit également une évolution importante pour les parents séparés.
En cas de résidence alternée effective de l’enfant, le bénéfice de l’AJPP pourra être partagé entre les deux parents, sous réserve du respect des conditions fixées par le Code de la sécurité sociale.
Cette mesure, qui entrera en vigueur dans un délai de dix-huit mois après la promulgation de la loi, permettra une répartition plus équitable de l’accompagnement de l’enfant et des conséquences financières qui en découlent.